Salut.
Un rappel qui vaut pour quasiment tous les pays. C'est à dire que l'enrichissement global ne corespond pas forcément à l'amélioration des niveaux de vie pour l'ensemble de la population.
Article pompé chez libération.fr :
Par Sabine LIMAT, Sonya FAURE
QUOTIDIEN : vendredi 11 mai 2007
Tony Blair candidat avait fait de la lutte contre la pauvreté
l'une de ses priorités. Dix ans plus tard, il a en partie gagné son
pari : le nombre de chômeurs a baissé et le pays s'est globalement
enrichi. Surtout, le nombre d'enfants vivant en dessous du seuil de
pauvreté (un sur trois sous Thatcher) a considérablement diminué,
notamment grâce à une augmentation de 53 % des bénéfices sociaux
alloués aux familles pauvres. Grâce aux allocations familiales, le
nombre de mères célibataires qui travaillent est passé de 45 % à
56,50 % en dix ans. Mais, en 2006, pour la première fois en dix
ans, la pauvreté a augmenté : la Grande-Bretagne compte 12,7
millions de pauvres, dont 3,8 millions d'enfants, selon l'Institut
d'études fiscales.
Malgré l'augmentation globale des salaires, la disparité entre
les très riches et les autres ne fait que s'accroître. Selon la
«Rich List» du
Sunday Times, la fortune combinée des milles individus les
plus riches de Grande-Bretagne s'élève cette année à 360 milliards
de livres, contre 99 milliards en 1997. Une augmentation de 263 %
en dix ans. Le reste du pays, en particulier les fonctionnaires et
les petits et moyens salaires, peine. Certes, leurs revenus
augmentent, mais le boom des prix de l'immobilier, particulièrement
à Londres, exclut un nombre croissant d'individus, incapables de
devenir propriétaires. La dette individuelle a par ailleurs
explosé, pour atteindre un trillion de livres (1,5 trillion
d'euros), ce qui équivaut à un endettement égal à 160 % du revenu
par foyer.
France : Fracture sociale et précarité
Officiellement, la pauvreté a reculé en France entre 1996 et
2004. La proportion de personnes vivant avec moins de 788 euros par
mois (60 % du niveau de vie médian du pays) est passée de 13,5 %,
en 1996, à 11,7 % en 2004, selon l'Insee (1). Ce qui représente 6,9
millions d'individus. Selon l'Observatoire des inégalités, c'est
même 1,3 million d'actifs (les
working poors à la française) qui disposent de revenus
inférieurs au seuil de pauvreté (645 euros par mois), notamment à
cause de la multiplication des contrats à temps partiel. De plus,
les statistiques de l'Insee ne prennent pas en compte les revenus
du patrimoine, qui, contrairement aux salaires, ont explosé depuis
les années 90. Un indicateur alternatif crée en 2001 par le Réseau
d'alerte sur les inégalités, le Bip 40, estime que les disparités
ont atteint, en 2005, un niveau record depuis vingt-cinq ans, qu'il
s'agisse de l'aggravation des inégalités entre ouvriers et cadres
face au chômage, de la multiplication des maladies professionnelles
ou des 10,2 % de la population dépendant des minima sociaux.
Au-delà des inégalités de revenus, un ouvrier a une espérance de
vie de sept ans inférieure à celle du cadre supérieur. Un fils
d'Algériens a deux fois plus de risque d'être au chômage qu'un
homme dont les parents sont français (Observatoire des inégalités).
Ce qui explique que des enfants d'immigrés partent tenter leur
chance à... Londres.
(1) Rapport sur les revenus et le patrimoine des ménages, publié
en novembre 2006.